La JOC ( Jeunesse Ouvrière Chrétienne ) a lancé en Septembre 2005 une campagne pour l’emploi des Jeunes : enquêtes auprès de jeunes, tables rondes avec de nombreux « acteurs de l’emploi », articles de presse, composition d’une « Charte pour l’emploi », débats et engagements de signatures… C’est le contenu de ce large travail que reprend, à sa manière, un militant de la JOC, Pascal Verbèke, dans son livre « Dernières tentatives de dialogue avant émeutes » ( Ed. de l’Atelier, 2007 ), avec des illustrations du dessinateur Plantu. Le genre est celui de lettres adressées à des personnes concernées par l’emploi ( camarades, profs, chargés de l’orientation, patrons, syndicalistes, hommes politiques… ).
La Charte pour l’emploi, proposée aux signatures, comporte 11 points. Si on y ajoute de nombreuses idées rassemblées dans les lettres de Pascal Verbèke, on peut distinguer 3 étapes.
1 - Avant la recherche de l’emploi
- Les revendications portent sur les modes d’enseignement. Les mots-clefs sont : « pédagogie et ouverture » ( travaux pratiques, échanges entre établissements : du concret à l’intérieur de l’enseignement général, et de l’art, même de la philosophie ! pour les lycées professionnels )
- La connaissance du monde du travail pourrait commencer avec un « livret d’observation » où l’on note, dès les études secondaires, ce qu’on découvre du monde du travail.
2 - Pendant la recherche d’emploi
- Elaborer avec l’ANPE un « projet d’action personnalisé » et le suivre dans les différents services sans avoir constamment à le ré-exprimer
- Faire des « maisons de l’emploi » des lieux qui favorisent des recherches concrètes de travail
- Consigner dans un « passeport » les expériences de travail, même courtes. Ce serait une manière de « sécuriser « le parcours personnel et de l’authentifier
- Obtenir la rémunération de tous les stages. En faire une obligation légale pour les stages qui dépassent un mois.
- Pour les étudiants, plafonner les frais de dossier aux concours à 30 euros
3 - Au cours de l’emploi
- Privilégier l’emploi stable. Les contrats « aidés » ne sont acceptables que s’ils inscrivent le jeune travailleur dans une dynamique d’emploi consolidé
- Dans la plupart des professions la période d’essai ne doit pas dépasser un mois.
- Faire vivre la diversité en refusant les discriminations à l’intérieur de l’entreprise pour des raisons extra-professionnelles
- Assurer la représentation des travailleurs de l‘entreprise et leur participation à l’orientation du travail et à ses fruits
- Veiller au rôle de l’Inspection du Travail pour le respect et l’évolution du Code du Travail.
Plusieurs autres propositions se glissent dans les lettres de notre auteur, Pascal Verbèke. Elles ne cessent de répondre aux besoins des jeunes travailleurs. Mais l’énumération actuelle ne suffit pas, il faut se mettre ensemble pour les élaborer, et à plus forte raison pour les mettre en œuvre. C’est là que l’ouvrage veut être un appel, un appel à s’unir dans des groupes et même des organisations de Jeunes, comme la JOC.
Le livre est encadré par deux lettres sur la nécessité d’agir. Dans les premières pages, c’est le scepticisme d’une jeune travailleuse qui ne croit qu’à sa débrouillardise et qui ne sort pas de sa galère. A la fin du livre, c’est une lettre de la même personne qui s’intéresse à une copine : « Elle s’est mise à dos toute l’équipe ( de travail). Elle a voulu se débrouiller toute seule, elle va en payer les pots cassés… En tous cas, je lui ai donné le mail de ton pote ( du syndicat ). Moi qui pensais que sa carte de syndicaliste ne me servirait jamais à rien, je me suis trompée ! Je suis sûre qu’il va pouvoir l’aider » (op.cit.p.69).
Et parmi les conclusions de cette lettre, après tant de solitude et de frustration, on lit : « Comme quoi, compter sur les autres, c’est finalement une obligation. Croire qu’on est capable de se faire justice soi-même réserve souvent des mauvaises surprises.… On ne prend jamais le temps de trouver les personnes qui peuvent nous aider… Je comprends mieux ton discours… Il faut peut-être tenter de croire que certains nous entendront… Je serais contente qu’on en débatte ensemble » (id.p.69 ).
( Loïc Collet )