FRONT POPULAIRE

Le bourdon des la cathédrale est muet.

C’est vers l’hôtel de ville que la foule se presse.

 

 

Au balcon les chefs lèvent la main,

le plus fragile serre le poing,

le plus dur ouvre ses paumes.

Ils ont entendu la plainte des pauvres,

ils ont ôté leurs chapeaux de bourgeois,

ils sourient à la poussée de l’histoire.

 

La nouvelle s’approche des murs de Sion

où le guetteur attend un signal de Dieu.
Elle n’investira pas le coeur du temple,

elle s’établira sur les parvis des peuples,

là où convergent les drames et les sagesses,

là où se fondent l’espoir et le partage.

 

Ils viennent des luttes fratricides autour des puits.

Ils viennent des récits à la gloire de leur clan.

Ils viennent des idoles et des malédictions.

 

Ils ont croisé Dieu sur leur chemin,

c’était l’affamé, le déclassé, l’exploité,

tous dé-figurés de leurs traits de fils.

 

Ils monteront sur les remparts de la ville,

et se disperseront dans les ruelles

avec la torche vive de Celui qui vient.

 

                                                   Loïc Collet

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