Ce brin de nous qui vibre,
corde ténue entre les doigts,
entre les cœurs encore une fois,
de l’âme la dernière fibre.
Ce brin de nous qui roule
du haut du mât au bastingage,
de l’ouragan jusqu’au rivage
où s’épuise la rude houle
Ce brin de nous qui vole
comme en hiver passe l’oiseau,
parmi les pies l’humble moineau,
du pourvoyeur la parabole
Ce brin de nous qui pleure
en cet enfant laissé dehors,
poussé au vide jusqu’au bord
où il bascule et qui y meurt
Ce brin de nous qui lutte,
le caillou dans la barricade,
les cris, les mots, c’est pour l’aubade
verte la plaine, rouge est la butte.
Ce brin de nous qui compte,
dans le bouquet l’unique rose,
l’unique éclat, l’unique pose,
depuis toujours on le rac
Loïc Collet