Les amis de Menahem ont attendu le lendemain du sabbat pour revenir aux nouvelles. Ils supposent qu’on va leur demander de prendre leur tour de garde à partir de ce premier jour de la semaine. Ils ne savent pas si Menahem lui-même est revenu, un moment, chez lui. Ils sont là dans la cour et se demandent si la nuit s’est bien passée.
Quelle n’est donc pas leur surprise quand ils voient arriver tout le groupe qui gardait le tombeau ! Tout le groupe ? Non, il manque deux hommes, Menahem et Eleazar. Où sont-ils restés ?
Un des arrivants raconte :
« Nous n’avons rien mangé hier soir. La journée avait été longue et rude. Je crois que tout le monde s’est endormi. Il n’y avait aucun risque. Mais ce matin, avant même le jour, c’est Menahem qui nous a réveillés. Il parlait très fort. Il était énervé. Il disait : « On ne va pas rester tous ici ! Pour le moment, deux ça suffit, Eleazar et moi. Retournez chez vous. A partir de demain revenez à trois ou quatre par journée. Cela va peut-être durer longtemps. Nous nous répartirons en petits groupes pour rester.
- Les disciples du Nazaréen ne risquent pas de rôder par là ? a demandé l’un de nous.
- Si, a répondu Menahem, ils en sont capables. Mais aujourd’hui ils sont trop abattus, ils ont disparu dans la ville ou dans les environs. Dans quelques jours par contre, il faudra veiller !
Nous avons donc laissé Menahem et son compagnon, puisqu’ils le voulaient. Nous venons vous avertir et prévoir peut-être les équipes de garde ».
Le plus ancien de l’assemblée est vaguement inquiet.
- Je me demande si c’est prudent de laisser seulement deux hommes sur place. Je ne doute pas du jugement de Menahem. Mais je voudrais bien savoir ce qu’il devient. Il ne sera pas fâché de voir quelqu’un de nous dans la matinée. Il t’estime beaucoup, Zacharias. Apporte-lui quelques galettes, un peu de fruits et de l’eau.
Zacharias approuve de la tête. Il a toujours su approcher Menahem.
( à suivre ) Loïc Collet