Toi qui ne dis Moi qu’en disant Toi,
tu tournes les faces de l’améthyste
à l’infini dans la géode de ton cœur,
comme au premier jardin les reflets dans la source.
L’enfance au torrent ne tarit pas
ni le bouillonnement d’où viennent les tendresses.
L’ode commençante au jour sans fin
insère déjà les mots de l’ouverture et du final.
Le tonnerre retourne à son antre.
L’écho monte à la tête
au bord du gouffre où gronde le souffle
des frayeurs et des oiseaux blessés.
Les doigts serrés sur le bol pour recueillir les larmes,
tu écoutes, la parole ne presse pas.
Sous tes paupières tu éponges le sang mauve,
triste refrain oublié entre les couplets usés.
Le vent déplace les traces de tes pas
vers la lisière où la beauté précède le regard,
où le champ s’étend sans enclosure,
où l’espace est sans borne entre nos paumes jointes.
Et tu nous apprendras à en-visager l’ultime,
la main déjà sur l’épaule des amis,
le corps foudroyé par excès de présence.
Des milliers de « Mais… » sans doute
et un seul « Oui ».
Loïc Collet