aqueduc creusé au versant des montagnes
flèche de cathédrale par-dessus les brumes
écharde au cœur quand d’autres l’ont au corps
trou dans la paume quand d’autres l’ont à l’âme
douleur en tes jointures, joie lissant tes rides
angoisse bue dans la coupe sans fond
souffrance tue si les mots manquent au poème
tu dévisages la nuit en ses traits familiers
tu inspires le souffle, tu expires la bonté du monde-là
graine dans la fente de la roche
que la rosée harcèle avant le jour
la lumière jaillit dans l’instant où tu dis : Je t‘aime
tu t’attristes des pantins, tu convoques les deuils sans espoir
tu te nâvres le cœur des massacres répétés
tu gardes la mémoire da la chair meurtrie
tu insères ton monde dans l’immonde
tu ramasses les miettes sur la table
comme des braises pour relancer le feu
tu es l’ange de passage sur les fronts assoiffés
tu poses ton aile sur les frayeurs
tu es l’avisé qui achève sa maison
l’enfant qui chevauche la comète
la chenille qui se tortille vers les feuilles tendres
avec la fièvre qui bat jusqu’à la pointe
laisser la soif sur la margelle du puits
trouver plus loin l’ivresse du désert
comme hybride d’une pensée et d’une immortelle
la fleur boit à la source dans le jardin ouvert.
Loïc Collet