ECOUTE, TENDS L’OREILLE

Tu sors entre les tours maussades

où le soleil attrape la face des enfants

et les illumine devant toi,

quand les voitures s’ennuient au parking

et que leurs maîtres songent et geignent

Tu reviens chez toi
où se dressent les cabanes enchantées
de l’ermite et du prophète,
où l’encre coule des rêves flamboyants
et du papier froissé l’angoisse tempérée

Tu sors vers l’homme sans enfant
couronné de cris et de gambades,
du jaillissement à la taille des grands,
vers la mère qui engendre la création
dans un morceau d’algue ou d’épave

Tu reviens vers toi
au diamant taillé à mille faces,
tant de noms en sente lumineuse,
vers le point infime où l’amour héberge
les requérants de l’asile des miséricordes

Tu sors dans la houle et la tempête
des océans sans carte, des cieux sans père,
l’effroi d’avoir étranglé les chérubins,
l’homme qui marche dans la neige
et pas une trace derrière lui

Tu reviens alors au cœur du cœur
il n’y a pas de surprise, il est là
tenture de pourpre, senteur de jasmin,
l’instant de trouver place et joie ensemble
toi l’unique avec l’Unique

                           Loïc Collet

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