A TRAVERS CORPS

Solitude du récif englouti sous la mer,
du poète pour ses éclairs et ses terreurs,
de l’amant qui débusque trop de beauté…
Solitude de Dieu victime de son excès

Incertitude du vent en fin d’hiver,
du peintre à l’étroit du tableau,
du père devant la porte ouverte…
Incertitude de Dieu, ici et nulle part

Silence assourdissant du menhir,
de l’orchestre sidéré par la cantatrice,
de l’époux qui rumine les étoiles rouges…
Silence de Dieu, absent de soi pour quelques mots

Folie de l’atome à remonter le temps,
de l’enfance dans la langue des oiseaux,
de l’homme penché au bord du visible…
Folie de Dieu plus léger que l’intime

Preuve du naufrage, l’épave sur la roche,
du sculpteur le marbre au rebut,
de la mère le fils et son refus…
Preuve de Dieu… épave, rebut, refus

Présence de la dalle froide sous les côtes,
de la lettre en cavale dans la tête,
de l’ami de retour avec fleur de lotus…
Présence de Dieu épée à travers corps

                        Loïc Collet

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