Paul de Tarse était déjà passé dans la ville d’Ephèse, en Asie Mineure, au bord de
Effectivement, deux ans plus tard, le voilà qu’il débarque au port d’Ephèse. Il remonte la longue rue droite qui va du port vers la ville basse. En face du grand théâtre il tourne à droite par la rue de Marbre. Avant d’arriver au temple d’Hadrien il monte une petite rue qui s’élève à proximité du théâtre. Et il parvient à la maison de Tyrannos. C’est là qu’il va demeurer car Tyrannos a ouvert une école de rhétorique, l’art de parler en public. Et il a, sans doute, des sympathies pour
Un jour, Paul, une nouvelle fois, parle de Jésus. Il le fait, comme il en a l’habitude, par un commentaire d’un passage du prophète Isaïe. C’est le passage où le prophète assure que Dieu ne laissera pas l’ennemi envahir et détruire la ville de Jérusalem. Il interviendra. Et les pauvres se réjouiront devant lui, les aveugles verront, les sourds entendront la parole… Jésus réalise cette promesse, affirme Paul, c’est la bonne nouvelle qui vient pour le nouveau peuple de Dieu.
L’assistance écoute avec attention. La plupart des auditeurs ont déjà consenti à cette mutation de sens des paroles prophétiques. Mais il y a là un petit groupe d’hommes que l’on n’avait pas vu jusqu’ici dans l’assemblée et qui garde le visage fermé. De plus ils sont vêtus très pauvrement, ce qui ajoute à l’austérité de leur mine. L’exposé de Paul bute sur un obstacle qu’il ne discerne pas.
Mais un homme du groupe rompt le silence de ses compagnons. « Parle-nous de Jean le Baptiste ». Paul l’a fait souvent. Aujourd’hui, face à ces hommes si pauvrement vêtus, il reprend une de ses présentations préférées. « Quand les gens allaient vers le Baptiste au désert, qu’est-ce qu’ils allaient voir ? Un roseau secoué par n’importe quel vent ? Non ! Un homme vêtu d’habits somptueux ? Oh non ! Ces hommes-là, on les trouve dans les palais des rois, pas dans le désert ! Alors, qu’allait-on voir ? Eh bien un prophète ! Oui vraiment, un prophète ! Et même plus qu’un prophète ! »
« Oui, dit l’homme qui avait posé la question, c’est le prophète qui nous a plongés dans l’eau de la purification et de l’entrée dans le règne de Dieu. Nous avons reçu son baptême et nous sommes fidèles à son message. Mais nous avons dû nous enfuir, les ennemis nous entouraient et Jean lui-même a été tué. Le règne de Dieu est-il en marche ? »
Paul les regarde avec admiration comme on regarde des lutteurs, et avec compassion comme on regarde ceux qui frappent à la porte. « Frères, vous mes frères, vous avez connu le mépris et le rejet. Vous avez entendu dire que Jean qui ne mangeait pas de pain et ne buvait pas de vin, ce Jean avait perdu la tête, c’était un illuminé, disait-on, comme on en trouve dans les déserts. Les Pharisiens et les scribes ont refusé d’être baptisés par lui et se sont conduits comme des enfants irréfléchis. Ils en ont fait autant avec Jésus en le traitant, lui, de glouton et d’ivrogne. …
C’est pourtant ce Jésus qui nous a appris qui est Jean le Baptiste. Il est plus qu’un prophète, il a préparé immédiatement le chemin pour celui que Dieu a envoyé pour ouvrir son règne, Jésus de Nazareth. Et Jean, avant de mourir, a entendu son témoignage. Il a reconnu l’annonce d’IsaÏe. C’est cette annonce que nous recevons encore aujourd’hui, dans la lumière de l’Esprit Saint ».
« L’Esprit saint, dit l’homme. Qu’est ce que l’Esprit saint ? Nous n’en avons jamais entendu parler ». – « Il est donné avec le baptême de Jésus, répond Paul. Si vous voulez achever celui de Jean… »
C’est comme cela que, quelque temps plus tard, ces hommes ont reçu le baptême de Jésus. Paul a prié l’Esprit de Dieu qui a accompagné son peuple par de nombreux prophètes pour chaque époque difficile de l’histoire. Et « en cette période finale où nous sommes, conclut Paul, Dieu nous a parlé à nous en un Fils qu’il a établi héritier de tout, ce Fils resplendissement de la gloire divine ». Paul leur a donné le baptême au nom du Seigneur Jésus. Et l’Esprit saint s’est joint à leur esprit pour dire : « Oui, vraiment, Jésus est Christ et Seigneur ».
(d’après Mt, 11,2-19) Loïc Collet