COMME UNE BRUTE

                       ( d’après le Ps. 73 )

Toi, Dieu, tu es bon pour les cœurs transparents.

Un peu plus mes pieds butaient.

J’ai failli trébucher.

Car j’étais jaloux des êtres brillants.

Je voyais la chance des criminels.

Jamais en danger, en pleine prospérité

Jusqu’à leur mort.

Ce qui fait la douleur des autres n’est rien pour eux.

Rien ne les touche comme les autres.

L’orgueil est leur collier

La violence leur livrée.

Leur œil perce la graisse.

Les visées de leur cœur ne trompent  pas.

Ils narguent les autres

Et parlent d’exploiter durement.

Leur bouche s’ouvre jusqu’au ciel

Leur langue balaie la terre.

Un peu plus mes pieds butaient

J’ai failli trébucher.

Je me disais, c’est pour rien que je garde

Un cœur propre, des mains pures.

J’ai médité pour comprendre.

Ce qui m’était pénible à voir :

Des criminels toujours heureux

Et qui développent leur puissance.

Je suis entré dans le sanctuaire de Dieu

Et j’ai discerné :

Ceux qui se prostituent sont sur une pente glissante

Ils s’en vont à leur ruine comme un rêve au réveil.

Au fond, j’étais plein d’aigreur et de ressentiment.

Stupide, je ne voyais rien.

J’ai été comme une brute avec toi.

Toi, Dieu, qui étais toujours avec moi.

Mon cœur, ma chair, s’achèvent.

Tu me conduis sur le chemin de ta gloire

Je veux rentrer dans ton projet.

Ma part, c’est toi, mon Dieu.

Mon bonheur, c’est d’être près de toi.

                       Yvonne Leray

Laisser une réponse