Et tu me demandes :
Que dis-tu de toi-même ?
Commences-tu par toi-même ?
Je te répondrai aujourd’hui :
J’habite dans un pays d’eau et de verdure.
Je ne vois souvent que les pierres du chemin
et la poussière morte.
Mais je connais des hommes
dont le visage heureux me parle de la terre.
Je les entends du bord de mon chemin
sous les branches inaccessibles.
Et si je marche vers eux
c’est que je n’ai pas encore mangé la poussière
mais la lumière qui sort des foules serrées.
Eux même savaient-ils
comment vivaient leurs pères ?
Etait-ce dans la montagne ?
Etait-ce dans le désert ?
S’ils nous ont enfantés
c’est qu’ils ont bu la même eau que nous
même si les fruits qu’ils ont mangés
sont d’espèces disparues.
Et je suis comme toi fils d’un passé englouti
et son double inversé sur le chemin.
Loïc Collet