Je t’avertis, j’écris à l’encre sympathique
Je ne te dirai pas où s’achète le réactif.
L’image meurt dans la clarté insolente
Elle se brûle, elle se ment
Elle ne revient qu’à la faveur de la nuit.
Attendons que le soir efface le déjà-vu
Que le jamais-vu surprenne, au matin, l’attentif
Que Dieu ne tente pas de sortir des contradictions
Mais qu’il se glisse discrètement dans les contraires.
Rien n’est plus secret que le quotidien de l’amoureux
Rein n’est plus sonore que les hiéroglyphes du dormeur
Le miroir et le tremblé de la fontaine
L’oiseau à mille pieds d’altitude
Le chapeau comme cloche au fromage effervescent
Le nœud papillon au cou du chien jaloux du loup
La bougie pour descendre à la cave
La pomme, pleine chair à croquer
La pipe, tant qu’on ne peut piper mot
La clef au fond de l’étang pour la princesse éplorée
Le verre, compagnon des soifs…
Jamais rose n’est plus rose que sur ta joue
Jamais larme n’est plus larme que chez l’âne battu
Jamais une musique sans écho contre la pierre levée
Jamais des tablettes du temple sans un nouveau Champollion
Jamais un oiseau de passage sans une paume ouverte
Jamais de fils d’Arcimboldo sans corbeilles aux visages…
Pourquoi les mots à deux syllabes te parlent de Dieu ?
Et les mots à trois syllabes aussi, et un peu à quatre… ?
Arrête. Reste à deux. On se comprend mieux.
Absence odorante. Encore un oxymore !
Y a-t-il d’autres figures de style ?
Loïc Collet