Il court dans les couloirs d’une ville désaffectée.
La peur le prend, d’une tranchée
creusée en travers de la rue par des malfaisants.
Tant de tristesse s’étale sur les trottoirs
qu’on n’en finit pas de la bitumer
et de pousser les gens sous les voitures.
« Circulez ! Circulez ! », crie l’agent de ville.
Par bonheur un bus arrive.
L’homme s’y engouffre à la hâte, avec ses larmes.
Il s’effondre dans le sommeil.
La boue du marécage lui monte jusqu’à la bouche
quand survient près de lui un âne de Saintonge
et sa longue robe à saisir.
Mais c’est à une échelle de corde qu’il s‘agrippe.
Ma vie est pleine de noeuds, disait-il…
Profite d’elle pour te hisser.
Au fond, s’agitent les hippogriffes.
Au-dessus, s’ouvre une fente, comme dans un volet.
Il lance quelques mots vers là.
Beaucoup manquent l’ouverture et retombent sur lui.
Mais quelques uns traversent la cible
et s’en vont, de l’autre côté, libres et chauds,
pour s’halluciner de ciel avant même le jour.
Peut-être dormant, peut-être éveillé,
l’homme se voit, de ce côté-là, pour la cueillette.
Il circule. Loin du bus. Avec son panier.
Loïc Collet