(d’après le Ps. 79)
Dieu,
Dans les jours anciens…
Les nations païennes ont envahi
la terre du peuple qui se disait « tien ».
Elles ont souillé ton temple.
Elles ont mis Jérusalem en éboulis.
Elles ont livré le corps de tes serviteurs
aux volatiles des ciels.
Elles ont donné la chair de tes fervents
aux bêtes de la terre.
Ton peuple, alors, crie vers toi :
« Répands ta colère sur les autres nations
qui ne te reconnaissent pas,
sur les royaumes qui flétrissent ton nom ».
Dieu,
Dans les jours d’aujourd’hui…
Des hommes chassent d’autres hommes
du pays où ils sont nés, où ils ont grandi.
Ils s’installent à leur place et pillent leurs biens.
Des pays ferment leurs frontières
et refoulent, à la mer, des migrants
affamés de pain et d’identité.
Des chefs d’Etat invoquent ton nom
pour faire la guerre à d’autres peuples.
Ils sèment la ruine et la violence.
Savent-ils, savons-nous… ?
Que tu tiens la terre dans la paume de tes mains ?
Que l’univers est ta tente ?
Que tu es le Berger de l’être ?
Que toucher l’homme, c’est toucher Dieu ?
Que flétrir l’homme, c’est flétrir Dieu ?
Que tu es le Père de tout homme ?
Toi, le Tout-Autre que nous.
Yvonne Leray