EVEIL DE MER

Au réveil, un goût de goémon sur la langue

à l’échappée du drap des laminaires

des ressacs obsédés par les roches

pour l’accouplement royal de mer et de matin

 

La mégère du léviathan se retire de dépit…

La première vague brille de l’élan des mulets

sur la plage prête au bel instant

du baiser sur le sable et sur la peau de l’air

 

C’est l’épousaille sereine des lueurs et des rêves

où le jour s’annonce comme cristaux des siècles

comme roulement de galets arrachés à l’autre rive

scansion de tambour et voix de grès

 

La mer étend ses bras aux stigmates de sel

cœur maternel et lourdes entrailles

cavales d’écumes et odes sous-marines

pitié de la cloche de brume au doris égaré

 

Mais l’oreille de Dieu se plaît à ses mugissements

il en rit et l’orage se tait

Il goûte la tendresse des harponneurs

l’humour des marées au caprice des lunes…

 

la patience plus tenace que la vague

l’âme qui s’éveille au paysage des aubes

la fusion de la chair à la promesse de l’eau

le brocart des diatomées et les grenats du sang.

 

                                  Loïc Collet

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