Les chevaux de soleil arrivent au galop
Comme des poulains aux herbages de printemps.
Le matin va porter aux veilleurs des semences
Du peuple des sillons les graines impatientes.
Nous voulons un pays plus large que la faim
Plein de cris et d’éclats, de baisers sous le vent
Et de villages fiers où des vieillards chenus
Trépignent plus de vie que l’écume au tonneau.
Des épouses plus douces que la veillée au feu
Des enfants frémissant à l’aube des battages
Des amours en chemin sous la haie d’aubépine
Et la mort à cheval, à cru sur l’espérance.
Le glas n’est pas fini que la cloche reprend
Le chant des fiançailles et bientôt des semailles
Le reflux des orties et des guêpes brûlantes
Les mélopées du blé sous la meule de pierre.
Le couchant dormira dans ses rumeurs de paix
Dans les rumeurs de terre où les germes s’éveillent
Où l’enfant est plus vif que le corbeau vorace
Où la femme est plus forte que l’oiseau de malheur.
Loïc Collet