CAPITALISME A REFORMER

En Octobre 2009, sous le titre « Finances à réformer », nous avons fait, sur ce site Internet, la recension de l’ouvrage « 20 Propositions pour réformer le capitalisme ». Les deux responsables de ce travail collectif, Gaël Giraud et Cécile Renouard, viennent de faire le point des résultats des deux sommets du G20, en Avril et Septembre 2009. Dans leur article de la revue Etudes, ils disent combien ces résultats sont « décevants » et révèlent une « immense dénégation du séisme de 2008 » (op.cit.p19).

Quelques velléités de réforme

- « Les paradis fiscaux sont sommés de coopérer avec des administrations fiscales » (disait la proposition 17)
En fait, les grandes banques anglo-saxonnes ont voulu réduire leurs concurrents plus faibles et ont signé des accords entre paradis fiscaux intouchables.

- « Les bonus des traders seront encadrés » (cf. Proposition 5)
En fait ils ne seront pas plafonnés, les banques continueront  à en décider.

- « Les fonds propres des banques seront encouragés » (cf. Proposition 14)
En fait, aucune proportion entre les fonds propres et les prêts accordés n’est envisagée.

- « Les actifs dérivés ‘ toxiques ‘ seront désactivés dans la comptabilité des banques (cf. Proposition 8)
En fait, la multiplication de ces actifs par le procédé de titrisation n’est pas freinée et la spéculation n’a de limite en aucun domaine, ni celui des dettes publiques, ni celui des matières premières ni celui des droits à polluer…

A tel point que les deux auteurs concluent : « La question qui se pose à nous n’est plus :  ‘Vivrons-nous un autre krach semblable à celui de 2008 ?’ mais : ‘Quand aura lieu le prochain krach ?’ ».

Nécessité de la contrainte internationale

- Le Pacte Mondial de l’ONU (2000) fixait des objectifs (droits de l’homme, normes de travail, environnement…). Il est temps, maintenant, d’employer des moyens coercitifs. (cf Proposition1)

- Le contrôle financier des grandes entreprises était confié à des organismes financés par les entreprises elles-mêmes ! Il est temps de créer un corps indépendant de contrôleurs, payés par l’ONU, via le FMI sans doute. (cf. proposition 2)

- La fiscalité doit tendre à des taxes globales sur l’ensemble du processus de production et de commercialisation, des entreprises même multinationales. (cf. Proposition 18)

- La mainmise des Etats-Unis et du Royaume-Uni sur une grande partie de l’épargne mondiale doit être combattue par des règles communes contre la spéculation et, à l’avenir, par la création d’une monnaie internationale autre que le dollar.

Remises en question

- La gestion de toutes les entreprises (industries, services, acteurs financiers) doit intégrer les paramètres dits ESG (environnement, social, gouvernance). Cela doit apparaître, au moins, dans les décisions d’investissement.

- La réflexion doit être menée sur la « valeur en économie ». De façon qu’elle englobe non seulement les objets marchands  mais aussi les « relations sociales » qui permettent de voir les autres comme une chance et non comme une menace.

- La notion de « croissance » est très ambiguë et souffre d’une « carence théorique », de confusions qu’il est urgent d’éclaircir.

- Le défi écologique est d’éviter une consommation qui ruinerait la planète et de soutenir des modes de vie sobre et solidaire.

- La gouvernance mondiale passe, actuellement, par la réhabilitation des grands organismes, FMI, OMC, ONU… et leur pouvoir pour des normes négociées mais contraignantes.

                                                         Loïc Collet

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