(d’après le Ps. 83)
Dieu, tu n’es pas sourd
Dieu, tu vois
Dieu, tu n’es pas impassible
Dieu, tu n’es pas silencieux
Dieu, tu ne te reposes pas.
Tu entends le crépitement des fouets
Sur le dos des esclaves
Tu entends la détonation des explosifs
Qui tue la colombe.
Tu vois des hommes à la poigne métallique
Etrangler la liberté de leur peuple.
Tu vois les armes des puissants
Effacer de la terre un pays.
Tu vois des haineux de ton nom,
Sépulcres blanchis, relever la tête.
Tu es sensible au chaos
Qui tourmente le cœur des humains.
Tu es sensible à la douleur
De tous les Job de la terre.
Ton cœur saigne à la vue
De nos potences et nos crucifixions.
Pourras-tu, longtemps, supporter tout cela ?
Tu pourrais faire fondre l’acier de nos entraves.
Tu pourrais disperser la poussière de nos mensonges,
Dans le tourbillon de ta colère.
Tu pourrais écraser ceux qui pillent
Les cuves d’huile et les sacs de farine des pauvres.
Tu pourrais dissoudre dans le sel et le soufre
Les adorateurs des euros-dollars…
Mais, tu te souviens de ton chemin en humanité.
Tu te souviens de ton chemin de croix, en l’homme Jésus
C’est ta gloire.
Yvonne Leray