FETES RELIGIEUSES

Les débats actuels sur la construction, en France, de mosquées avec minarets concernent, en partie, la question de la visibilité de l’islam dan notre pays. Cette visibilité n’est guère contestée pour les églises chrétiennes. Mais si l’inscription géographique de celles-ci dans nos villes et nos villages est acceptée sans grandes réserves, leur inscription dans le calendrier national  est discutée de plus en plus.

 

Fêtes en France

L’Eglise catholique reçoit de l’Eglise « universelle » s’exprimant par Rome le « précepte » de célébrer certains jours de l’année : tous les dimanches et 9 fêtes (éventuellement sur semaine) : Immaculée Conception de Marie, Noël, Sainte Marie Mère de Dieu, Epiphanie, Saint Joseph, Ascension du Seigneur, Corps et Sang du Christ, Saints Pierre et Paul, Assomption de Marie, Toussaint. (Il est autorisé se reporter au dimanche certaines de ces fêtes).

 

Cette liste résulte du choix fait par le Code de droit canonique, au début du 20e siècle, en excluant bien d’autres fêtes célébrées dans la chrétienté. Déjà, en France, le Concordat de 1801 avait précisé qu’il n’y aurait que quatre fêtes « fériées et chômées » : Noël, l’Ascension du Christ, l’Assomption de Marie et la Toussaint. Puis l’Etat a consenti au Lundi de Pâques et au Lundi de la Pentecôte et y a ajouté ses propres jours chômés : Nouvel An, Fête du Travail, (1er Mai), Victoire de la 2e guerre (8 Mai), Fête Nationale (14 Juillet), Fête de la victoire de 1918 (11 Novembre). Ce qui donne actuellement, en France, 11 jours fériés et chômés : 6 d’origine religieuse, 5 d’origine séculière.

 

Remises en question

 

1 - L’occasion de la « Journée de solidarité »

 

La canicule de 2003, avec ses milliers de décès inattendus de personnes âgées, a amené le gouvernement français à décider une « journée de solidarité » dont le fruit (une journée de salaire) serait versé pour ces catégories de personne fragiles. La journée, fériée mais non chômée, serait le Lundi de la Pentecôte. Après quelques années de tâtonnements et de résistances, il est établi, aujourd’hui, que les entreprises choisissent « leur » jour de solidarité et en versent le montant à l’Etat. Mais ce n’est guère le Lundi de la Pentecôte ; pratiquement il demeure comme avant.

 

2 - Les réserves de l’Eglise catholique

 

L’épiscopat français ne s’est pas élevé vivement contre le travail du Lundi de la Pentecôte. Il a rappelé seulement que les trois jours autour de

la Pentecôte favorisaient de nombreuses manifestations catholiques. Le dimanche de

la Pentecôte n‘était pas touché, c’était sans doute le plus important. Il en serait peut-être de même s’il était question, un jour, du Lundi de Pâques (alors que l’Eglise a réussi à garder férié le Vendredi Saint en Alsace-Lorraine, grâce au Concordat local).Actuellement, aucun autre jour férié d’origine religieuse n’est formellement contesté par la majorité des Français. Les fêtes de Noël et de la Toussaint sont profondément ancrées dans l’imaginaire individuel, familial, « spirituel »… La fête de l’Assomption est comme un pivot au milieu de l’été. Seule la fête de l’Ascension manque de « dimension anthropologique » commune et pourrait être plus facilement menacée.

3 - Le point de vue des religions non-chrétiennes

 

Il s’agit surtout des Juifs et des Musulmans. Ils parviennent tant bien que mal à faire admettre la journée de non-travail,  le vendredi ou le samedi. Mais une fête juive ou musulmane pourrait-elle être fériée pour l’ensemble des citoyens français, comme Noël par exemple ?

 

Les débats sont encore à peine esquissés. Quelle religion désirerait cette visibilité nationale ? Quelle fête apparaîtrait la plus symbolique pour la majorité des coreligionnaires (Pâques ou le Jour du Grand Pardon, pour les Juifs ? La fête du Sacrifice ou la fête du Ramadan, pour les Musulmans ? ). Ce serait une fête pour tous ou y aurait-il la possibilité de choisir certains jours ? Ce serait une fête très spécifique dans la religion en question ou une fête qui pourrait avoir du sens pour tout le monde ? (donc qui appellerait la sympathie…)

 

La pluralité des cultures, les mouvements de population, modifieront sans doute la « vieille » liste officielle des jours fériés et chômés, dans notre pays et ailleurs. L’Europe, également, n’a pas dit son dernier mot.

 

                                                      Loïc Collet

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