Comme responsables du site Internet « parlervif-foi.com », nous (Loïc Collet et Yvonne Leray) connaissions les deux ouvrages de Daniel Duigou, « Journaliste, psy et prêtre » (Presses de la Renaissance, 2005) et « L’Eglise sur le divan » (Bayard 2009). Nous en avons fait la recension sur le site. Nous sommes entrés en relation avec leur auteur. Et nous venons de le rencontrer personnellement, là où il habite aujourd’hui : dans la palmeraie de Skoura, à
Il nous a reçus dans une belle construction en pisé. Avec un architecte, il en a élaboré les plans. Il a choisi de construire son ermitage avec ce matériau du pays, le pisé, un mélange de terre et de paille. Ce matériau protège, avec bonheur, contre les écarts importants de la température.
(Daniel regrette d’ailleurs que les nouvelles constructions qui se multiplient dans la région soient faites en ciment et que les vieilles casbahs ne soient pas restaurées. Un superbe patrimoine qui est en train de disparaître.)
Ce bel ermitage s’élève sur un large terrain habité de palmiers, d’oliviers, de grenadiers, de poivriers… Daniel ne cesse de planter des arbres, de semer des fleurs, d’attirer les oiseaux qui se multiplient (Un soir, nous regardions un couple de faucons crécerelles faire son nid dans un palmier et deux jours plus tard, pour la première fois, nous avons vu des martinets !). C’est vraiment faire fleurir le désert ! Car nous sommes aux portes du désert. Il suffit de marcher pendant une heure pour l’atteindre et l’admirer, du haut d’une colline. Alors qu’en- deça, c’est l’ensemble de la palmeraie, toute verte grâce aux eaux qui descendent du Haut Atlas.
Daniel divise son temps à peu près en deux parties. Pendant un quart de son temps il accueille ceux qui viennent chez lui. Soit des amis qui veulent passer quelques moments chaleureux. Soit des personnes qui veulent mener pendant un temps déterminé (une petite semaine) une recherche humaine et spirituelle. (Ce fut notre cas).
Pendant le reste de son temps, il mène encore deux tâches. Il est venu, dit-il, pour « relire sa vie », ou plutôt ses multiples vies, de journaliste, de psychanalyste et de prêtre. Il lui faut encore du temps, pense-t-il, pour recueillir tout ce qu’il a vécu et pour en « rendre grâce à Dieu », ce qui est pour lui une bonne occupation de la retraite !
La deuxième tâche est celle d’écrire. Après les livres que nous avons cités plus haut, il en écrit un autre actuellement. Nous l’avons vu dans la dernière étape de la correction des épreuves. L’ouvrage doit sortir en septembre de cette année, aux Editions Albin Michel. Il aura comme titre : « Pour en finir avec le sacrifice ».
Pendant une semaine nous avons donc eu la chance de partager longuement avec lui. Nous l’avons fait pendant tous les repas où nous n’étions que nous trois, ensemble. Nous l’avons fait, encore plus, pendant les temps de prière (Daniel s’en réserve quatre au fil de la journée) et particulièrement à la célébration de l’Eucharistie (qui pouvait durer une heure et demie, entre nous ! D’autant plus que Daniel a conscience de « planter » là l’Eucharistie en pleine terre musulmane…).
Nous avons donc échangé sur notre vie, notre histoire, nos questions de foi, nos recherches sur le langage de la foi, sur l’Eglise, sur le « dialogue » avec les Musulmans… Nos paroles exprimant délibérément ce que nous portons de plus intime, nous avons bénéficié de l’approche originale de Daniel, psychanalyste et croyant en Christ. Approche que nous n’avons pas souvent l’occasion de pratiquer car, spontanément, en conscience « claire », nous ne voyons pas ce qui est à voir, nous n’entendons pas ce qui est à entendre. Le psy est un bon serviteur. Nous avions en face de nous un homme d’écoute et de fraternité. Moment unique dans notre histoire.
Nous souhaitons que beaucoup d’autres personnes puissent vivre une telle expérience. C’est pour cela qu’avec l’accord de Daniel nous rappelons son adresse électronique : daniel.duigou@numericable.com.
Nous espérons que l’Eglise sera assez ouverte pour accueillir la parole d’un homme compétent, soucieux des hommes d’aujourd’hui, observateur et acteur dans une Eglise-pour-le-monde, se questionnant aussi sur la rencontre avec l’Islam, même si cela lui semble difficile à cause du refus d’« interpréter » les textes dits sacrés… Cette vie de témoin, nous en avons parlé parfois en souriant, en évoquant le travail de Saint Jérôme sur les Ecritures chrétiennes, vers l’an 400, au milieu d’une rude solitude !
Yvonne Leray et Loïc Collet
28.3.2011 à 17:56
j’ai trouvé le livre l’Eglise sur le divan dans une biblio de Lyon ; je lis pas mal dans l’esprit de “Parvis”, à la recherche d’un christianisme décanté, parlant aux femmes et hommes d’aujourd’hui ; c’est marginal, mais ça existe. A preuve, le livre intéressant de Duigou.
Je pars dans 10 jours à côté de Marrakech, où mon épouse et moi avons une petite maison en terre, pied-à-terre pour d’heureux et simples séjours près du Zat. Or en février 2010, nous étions de passage dans l’oasis de Skoura, mais avons été forcé d’y rester plus longtemps que prévu par des crues d’orages interdisant toute sortie de la palmeraie. Ah, si nous avions su… j’ai photographié des kasbahs, j’ai peint en aquarelle. Peut-être verrons-nous Daniel Guigou l’an prochain, inch’allah.