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Le mur à l’abri de l’enduit
tient dans son armure
où ricochent les flèches du temps
et les cimeterres en croupe sur l’orage.
La paroi est si lisse que les graines tombent à terre
et les lichens manquent d’eau.
Que dire du mur si nul reflet ne s’agrippe,
sinon le jour délavé de ses couleurs ?
Combien de saisons faudra-t-il
pour que l’enduit se faïence, au dire du maçon,
en infimes canaux pour accueillir la bruine ?
Mais le poète est patient et le mur n’est assuré
ni des fondations ni contre la fissure inopinée.
Le poète attend, il attend l’ouverture
comme d’un poing fermé, face à l’envie de voir.
Il ouvrira le poing, avec le coffre de mots.
Il nommera la graine coincée au plus profond
jusqu’à la rendre au sommeil quand elle aura parlé.
Les feuilles mortes essaieront de combler l’espace.
Le mur reprendra, un temps, sa mine taciturne…
Jusqu’à la prochaine crevasse
par l’eau, le gel ou le soleil,
les failles du monde
pour l’encre du poète.
Loïc Collet