DESIR

Attendre que la paroi se fende

et délivre une source,

que la dalle en nappe

se creuse sous l’étang,

que la langue asséchée

glisse dans la fissure,

que le corps s’étende

et tous ses pores inondés.

 

L’orage a descellé les pierres,

bouté au large les flots de boue,

roulé les arbres morts.

Le lit de la rivière a déployé

son suaire sur les jardins.

Les graines sont parties,

les jeunes plants tourbillonnent,

comme une écume insensée.

 

Dans le village, pourtant, plus bas,

le jardinier filtre les limons,

le maçon équarrit les moellons,

le menuisier rabote un demi-tronc,

la femme met au sec du petit bois…

L’enfant, dans le courant, pose

la grande roue de son moulin

et attend la vague suivante.

               

                Loïc Collet

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