Avec tes pierres taillées
au têtu de maçon
tu édifies de nuit ton œuvre.
Tu ne cours pas les regrets à reculons,
tu as appris à aimer
bien avant de mourir.
C’est dans ton penchant que tu vas,
que tu gravis la montagne,
que tu gagnes les hautes plaines
où la lumière n’a pas d’obstacle,
ni le pain de moisissures,
ni l’eau de pourriture, de forfaiture.
Et tes mots résonnent
comme métal sur la pierre
dans les failles à demi obstruées.
Tu t’ancres au-dessus des nuages,
au-dessus des violences de saison.
La courbe de tes yeux touche l’orbe
de l’évidence de la beauté.
D’une épée de bois enfantine
tu chasses les porteurs de fausse lumière
et les minuscules prétendants au ciel.
Sur tes genoux s’appuie la voûte,
sur tes épaules se dressent les colonnes,
sur tes mains se tendent les offrandes,
sur tes lèvres chantent les choristes
de ton coeur œuvre la vie justifiée.
Loïc Collet