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Archive de la catégorie 2 - Poèmes

L’ŒUVRE

Avec tes pierres taillées

au têtu de maçon

tu édifies de nuit ton œuvre.

Tu ne cours pas les regrets à reculons,

tu as appris à aimer

bien avant de mourir.

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LA LIBELLULE ET LE LIBELLE

Où vous cachez-vous, ma mie,

petite coureuse de courants d’air ?

Est-ce dans un remous de l’eau,

immobile sur la mousse

accordée à votre robe verte ?

Est-ce le gris du lichen

sous la transparence de vos ailes ?

Est-ce allongée sur une tige,

comme sentinelle au mirador ?

Est-ce, plus invisible encore,

sur le rayon d’un clin de soleil,

pire, sur le reflet du rayon ?

J’en perds le souffle, ma mie,

vous me tourneboulez la tête !

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LA TENTE DE LA PAROLE

Sous la tente nomade l’aède s’éveille

au clair-obscur qui traverse le voile.

La dureté du sol est en deçà de la preuve,

elle est donnée dans la douleur des reins.

Le poids du corps n’est pas plus une équation,

il se résout dans l’effort si l’on se met debout.

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LE CEDRE BLEU

Le temps tourne sur les cercles du tronc

La beauté tient dans l’espace utile

A la valse immobile de ses touffes d’aiguilles

Se tenir au pied, se perdre à la racine

S’endormir dans les lits de la pierre

Attendre l’éveil et les fruits du silence

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L’ENFANT DE LA LUNE

1 - Il y avait une petite fille qui s’appelait Séléné.

C’est un beau nom, Séléné.

Elle était la princesse du Chateau de la Mi-Nuit                 

ou Château de  la Mi-Jour.

Bien sûr ! Moitié-moitié du temps.

Elle était donc princesse des deux côtés,

lumière de la Nuit et sœur du Soleil.

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DEBOUT

                      A Pascale

 

Dans l’angle du buffet et de la cloison

la petite fille se tient droite

du haut de ses cinq ans.

Ses yeux roulent en grand charroi

sur les chemins ouverts par le conteur.

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CHANT

Chant,

dans tes fibres, dans tes nœuds

tu recueilles d’une touche

ce tremblement des lèvres

au bord de tout,

que frôle ou que heurte

l’impatience du corps

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LA TISSERANDE ET LE BOUVIER

Qui t’a décoiffée, ma Tisserande ?

Des regards de côté, accroupis sous le charme,

t’enlacent à la taille

et montent en tourbillons jusqu’au front.

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PRESENCE

Un jour se lève pour rompre des lances
et se jeter en avant des ombres.
Il ferme la porte aux rêves.
Il verse dans la Présence,
entre les voiles du sommeil

et les courbatures du cœur.

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AU-DELA DES YEUX

Dès l’ouverture des yeux le nouveau-né

est parti vers le lieu de la joie.

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