Archive de la catégorie 2 - Poèmes

SOURCE

La dentelle ne bordait pas ta jupe d’hiver,

Petite fille au goût de paille, au goût de craie,

A l’odeur des celliers et du lait fermenté.

 

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MELOPEE D’EMBLAVURE

Les chevaux de soleil arrivent au galop

Comme des poulains aux herbages de printemps.

Le matin va porter aux veilleurs des semences

Du peuple des sillons les graines impatientes.

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EVEIL DE MER

Au réveil, un goût de goémon sur la langue

à l’échappée du drap des laminaires

des ressacs obsédés par les roches

pour l’accouplement royal de mer et de matin

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SE CONTER DES BATAILLES

Il est né dans une plainte et la plainte a grandi.

Elle précédait les mots, elle justifiait les coups,

elle ne tempérait même pas les blasphèmes.

L’humiliation a laissé dans l’air des brisures,

des ailes d’infirme, des lèvres boursouflées.

Dans les rencontres aux carrefours la rue craquait

comme des branches mortes sous les pattes des fauves,

dans les temps de brume où sortent les loups.

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CUEILLETTE

Il court dans les couloirs d’une ville désaffectée.

La peur le prend, d’une tranchée

creusée en travers de la rue par des malfaisants.

Tant de tristesse s’étale sur les trottoirs

qu’on n’en finit pas de la bitumer

et de pousser les gens sous les voitures.

« Circulez ! Circulez ! », crie l’agent de ville.

Par bonheur un bus arrive.

L’homme s’y engouffre à la hâte, avec ses larmes.

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SOUVERAIN

Les hommes entraient dans la taverne à l’heure du rat,

avec la colère au ventre comme charge du jour.

Même les ampoules de basse intensité ils les brisaient

pour dire encore leurs poussées de nuisance.

Ils gardaient une force dans la voix,

pour un blasphème, pour éructer d’amertumes rancies.

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CHARPENTIER

Mémoire de l’ermite devant l’arbre qui grandit,

Engeance des scieurs de long aux lisières des forêts,

Les noeuds se comptent dès la naissance des branches…

Qui sauvera le bois de la morsure du capricorne ? Lire la suite de cet article »

HAUTE NUIT

 

Tu habites les ténèbres où s’agitent les bêtes.

Tu apaises en nous l’enfant qui a peur du noir et appelle,

l’enfant qui voit le masque-loup rôder autour du lit.

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LUI ET ELLE

Mon amour

Que me reste-t-il si tu me manques ?

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FILS

Et tu me demandes :

Que dis-tu de toi-même ?

Commences-tu par toi-même ?

 

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